mardi 11 juillet 2017

Notes sur Homélie du Pere Favre 2 juillet 2017

Evangile selon St Matthieu 10, 37-42


MSM 2017 messe 2 juillet Prieuré d'Ardevon


Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;
38 celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
39 Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.
40 Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
41 Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.
42 Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

Quelle exigence nous propose Jésus !

L’exigence « être digne de Jésus » cad le préférer à son père ou sa mère, le préférer à son fils ou sa fille.
A ses parents, cela semble encore possible, mais à ses enfants, cette exidence semble insurmontable, tant nos entrailles de père (ou de mère) sont attachées à nos enfants.
Jésus ne parle pas de l’épouse ni de l’époux, mais de la croix !
« Celui qui ne porte pas sa croix à cause de moi n’est pas digne de moi . Etre digne du Christ : 
Nous avons du prix aux yeux du Christ, qui est plein de miséricorde pour nous. Mais là, dans cet Evangile, le Christ semble plus exigent, et cette exidenge semble inaccessible.
En fait, l’exigence du Christ est forte mais elle n’est pas inaccessible.

C’est une triple exigence qui demande trois passages :

1er passage : passer de l’exigence de l’Evangile à la libération par le Christ
Comprendre que l’exigence de l’Evangile n’est pas une barre à passer.
L’exigence, c’est de prendre sa croix et de laisser le Christ s’approcher de nous avec nos fragilités. Ce n’est pas être héroique.
C’est Jésus qui vient jusque dans notre dignité, laissons-le s’approcher de nous. Notre cœur souffre, et du mal que nous commettons, et du mal que nous subissons : partir de ce que le Seigneur nous a donné. Souffrance filiale (nos vieux parents nous agacent) de notre souffrance paternelle ( nous espérons toujours que nos enfants fassent mieux) et de notre vie conjugale.
Jésus propose de remettre les choses dans l’ordre : laisser le Christ nous aider à aimer mieux nos parents, nos enfants et nos épouses.
Laisser le Christ toucher nos vulnérabilités et accueillir nos vulnérabilités.
Se laisser libérer par le Christ de nos propres vulnérabilités, pour accueillir celles des autres.

2ième passage : passer d’une fausse vie à une vraie vie avec le Christ
« Qui a trouvé sa vie la perdra. Qui perdra sa vie à cause de moi, la gardera »
Nous n’avons pas trouvé notre vie. Il faut la perdre en Christ. Passer de l’illusion que nous remplissons notre vie de notre force, pour entrer dans la logique du don : perdre sa vie.
A l’image de Jean le Baptiste « il faut qu’Il croisse pour que je diminue ». Au quotidien, laisser le Christ grandir en nous. Passer des faux-appuis à la vraie vie avec le Christ, enter dans un compagnonnage avec le Christ.

3ième passage : présence du Christ
Jésus ose dire « qui vous accueille, m’accueille ». Si on se laisse aimer, si on se laisse être vulnérable, alors on rend présent le Christ.
Dans le texte de l’Evangile, c’est nous le disciple, celui qui recoit le verre d’eau. Permettre aux autres de nous reconnaître comme disciples du Christ.
Nous devenons par notre communion avec le Christ, signe de la présence du Christ.
La conversion, c’est passer de l’envie de faire grandir ma dévotion personnelle à l’envie de devenir un signe du Christ.

Etre cette communauté vivante et humble, montrer combien l’amour du Christ est grand : devenir un rayonnement de Jésus qui aime chacun dans sa vulnérabilité.


Messe 2 juillet MSM 2017 Prieuré d'Ardevon 

Autres Notes prises par Thierry Angles 

Voici quelques notes prises lors de l’homélie du Père Fabre dimanche à Ardevon, 

- Être digne du Christ :
    -Cela ne signifie pas être un super héros de la foi. S'il s'agit bien d'une exigence forte, elle n'est pas inaccessible, et ce n'est non plus pas une barrière à surmonter. 
    - Être digne du Christ c'est prendre sa croix, c'est laisser le Christ s'approcher de nous dans nos fragilités
    - Il s'agit de se laisser libérer de notre propre fragilité
    - Il s'agit de laisser le Christ nous apprendre à aimer mieux nos parents, épouses, enfants.

- Qui a trouvé sa vie la perdra, qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera : 
    - Passer d'une fausse vie à une vraie vie, 
    - Passer de l'illusion que nous allons réaliser et remplir sa vie avec une fausse réussite,
    - Rentrer dans la logique du don : laisser le Christ grandir en nous.

- Qui accueille un prophète en tant que prophète sera récompensé comme un prophète... :
    - Passer de la recherche d'une dévotion privée pour sa petite sainteté à la prise de conscience d'être le signe du Christ dans le monde
    - Être disciple, rendre présent le Christ, être le signe du Christ dans le monde
    - La mission de l'Eglise ne sera pas la Croisade mais le rayonnement, celui de la Vérité.

Remarque en dehors de cette très belle homélie :
Le thème de la fragilité a donc eu sa place dans ce cheminement qu'a été notre pèlerinage. Il y a deux ans le frère Etienne avait dit dans l'homélie qu'il avait donné lors de la messe d'envoi de dimanche dans l'abbatiale du Mont Saint Michel que "Dieu habitait nos fragilités". Après 18 mois de recherche pour retrouver le frère Etienne j'ai pu enfin lui parler pour lui demander comment il complétait cette idée que je partageais déjà, pensant que notre fragilité était le lieu de notre appel ou de nos cris vers Dieu. Le frère Etienne m'avait répondu alors avec ce seul mot : Dieu Miséricordieux. J'ai compris que Dieu venait non seulement en Dieu Consolateur mais aussi en Dieu Miséricordieux. Le père Fabre a dit hier ce qui me manquait terriblement à ma réflexion : oui, j'appelle Dieu depuis mes fragilités, oui Il va me consoler et me donner sa miséricorde, encore faut-il que je Le laisse m'approcher, ce qui n'est pas évident, même si je l'appelle et crie vers Lui !
Hier, au message d'envoi que le frère Etienne nous a donné, il nous a dit : "On n'a pas le droit de ne pas s'aimer, comme fils de Dieu que l'on est ! Ce n'est pas avec nos faiblesses que nous allons apporter à nos épouses la surprise qu'elles attendent de nous, mais avec notre force de père de famille". N'est-ce pas une merveilleuse conclusion pour clore notre intériorisation de : " Oui, j'ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c'est mon Dieu qui est ma force".

Au cas où - je le souhaite-, tu ferais suivre ce mail à notre chapitre et aux autres chapitres, qu'ils considèrent bien que ce ce ne sont que de simples notes très incomplètes sur les points qui m'ont particulièrement impressionné. 

PS 
En écoutant ces paroles, j'avais aussi en tête le petit livre que j'ai commis  "Fragilité et bienveillance, un chemin vers soi" (Editions des Béatitudes, 80 pages) . http://www.editions-beatitudes.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=886 où je développe des idées sur les thèmes de fragilité, grandir en amour, connaissance de soi.

Amitiés fraternelles à tous les pèlerins qui liront ce mail. Je serais vraiment très heureux de leurs commentaires à mon adresse tanglesdauriac@yahoo.fr


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